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Participez à la première enquête du Krôcô

Trois mois après le lancement du Krôcô, nous avons souhaité faire un point sur son fonctionnement, pour avoir une première vision de ce qui décolle, ce qui ne décolle pas, des circuits qui se mettent en place, de la circulation de la monnaie.
Nous avons donc élaboré un questionnaire pour tous les prestataires, ces professionnels qui acceptent les paiements en Krôcô. Mais nous avons aussi besoin de voir du côté des utilisateurs, et nous avons donc un questionnaire spécifique pour les adhérents du Krôcô. Et, pour être complets, nous en avons un aussi pour les « sympathisants », ces personnes qui à un moment ou un autre ont croisé notre route et manifesté leur intérêt… sans pour autant devenir adhérents de l’association.
Ces questionnaires peuvent être remplis (en 5 minutes) directement sur écran (via Acrobat Reader), ou de façon plus classique sur papier. Dans les deux cas, il faut télécharger le fichier. Donc, si vous êtes adhérents de l’association des Vrais monnayeurs de Nîmes, utilisateurs ou non du Krôcô, le questionnaire utilisateurs vous attend ici. Et pour les non-membres il est là.

On compte sur vous pour en savoir plus sur vos souhaits, vos freins, vos suggestions !

La légende du Krôcô

La légende du Krôcô

Il y a bien longtemps, la bonne ville de Nîmes fut construite autour d’un palmier sacré. Un vrai travail de Romain ! Le palmier sacré, au pied duquel était enchaîné un crocodile, avait été planté là par un auguste empereur de passage, sur le chemin menant à Rome. D’antiques monnaies locales frappées à cette époque en témoignent. Des siècles durant, le palmier avait grandi là et prospéré, au milieu du va-et-vient des habitants de la ville, sur la place du Marché, le pauvre croco toujours prisonnier à son pied.

Malgré une juste méfiance envers l’animal (bien que ce croco ne croquât jamais personne), les Nîmois avaient fini par se prendre de sympathie pour celui qu’ils voyaient finalement comme un gros lézard placide et, peu à peu, le Croco devint plus populaire que l’arbre qui le retenait prisonnier. A tel point que le diminutif du bestiau entra dans un grand nombre de noms de commerces et d’associations (CrocoPneu, CrocoVélo, CrocoRoller, CrocoJardins, CrocOBus,…), jusqu’aux footballeurs locaux qui devinrent naturellement Les Crocos !

Au début du 21e siècle, des scandales financiers éclatèrent de par le monde. Chacun-chacune pût constater que les plus grandes entreprises du monde trichaient avec le fisc pour « optimiser » leurs bénéfices. Bref, les GAFA se gavaient grave ! Et pas seulement ces géants-là. Des quantités de petits barons locaux, d’ici ou d’ailleurs, planquaient aussi leur oseille dans de petites îles tropicales peuplées de palmiers, dans l’ombre desquels prospéraient banques peu scrupuleuses et sociétés-écran. Le prestige attaché, lui aussi, au palmier fondit à vue d’œil. L’arbre aux palmes, naguère symbole d’évasion vacancière et de paradis ensoleillé, devint subitement celui de l’évasion fiscale, des comptes obscurs et de la spoliation nationale. Un palmier, un compte off-shore, un service public démantelé !

C’est à peu près à cette époque qu’on se remit à parler de monnaies locales, à Nîmes comme ailleurs. Créer des monnaies, n’ayant cours légal que sur un territoire restreint, garantirait contre l’évasion du fruit de l’économie locale. La richesse créée ici serait forcément réinvestie ici. Une bande de monnayeurs (de Vrais Monnayeurs !) s’attela à la tache. Au moment de choisir un nom pour la future monnaie, l’on questionna la population, laquelle dans une belle et émouvante unanimité, décida d’honorer la pauvre bête victime du palmier désormais honni. Ce serait donc le Krôcô, avec deux accents pour faire nîmois et un K pour faire nickel, même si aucune pièce ne devrait jamais être frappée, seulement des billets. Il fut donc décidé de détacher le Krôcô de son arbre tropical et paradifiscalien, pour qu’il puisse vivre sa vie de monnaie libre et citoyenne, au service de la population locale. Les îles Caïman, non ! Le Krôcô, oui ! Depuis, on le voit circuler dans les rues et commerces de Nîmes, de proche en proche, de main en main, de poche en poche.

Un devoir de pédagogie…

Certaines décisions du dernier Collectif d’animation (10 octobre 2017) suscitent des interrogations de la part de certain·e·s de nos membres ou sympathisant·e·s. Nous avons donc un devoir d’explication, voire de pédagogie, envers vous tou·te·s.

En premier lieu, le choix du Crédit municipal comme banque pour le (ou les) compte(s) courant(s). Le compte courant est, on le rappelle, destiné au fonctionnement général de l’association. C’est une chose très différente du compte de réserve, lequel sera destiné à recueillir les euros remis par les utilisat·rice·eurs en échange des krôcôs. Il nous été demandé pourquoi nous n’avions pas décidé d’ouvrir le compte courant à la Nef. La réponse est simple : la Nef ne propose pas de comptes courants. Pour contourner cette impossibilité, la seule solution aurait été alors un montage un peu compliqué avec le Crédit coopératif. Mais ces derniers n’ont pas convaincu nos émissaires dans la phase de préparation. Continuer la lecture